J'ai décidé de reprendre mes escapades quotidiennes dans le bois derrière la maison.
Mes lombaires ont besoin de se décoincer de l'ordinateur et j'aime marcher sous la voute salutaire des arbres, au hasard des sentes.
Je prends une heure du travail pour la balade, qui n'en est que plus goûteuse.


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Entre la maison et le bois, des deux côtés de la petite route communale, s'étend un champ. De blé cette année (ouf, adios colza malodorant). Enfin, blé ou avoine, ou les deux. Une partie encore couleur émeraude, l'autre commence à doucement blondir. Avec des coquelicots. Ce matin, deux hirondelles survolaient les épis en rase-motte, engouffrant des nuées de moucherons. Dans le bois, la terre est grasse en ce printemps pluvieux, l'herbe des chemins haute, drue et humide, je rentre à moitié trempée.


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Le jardin est en retard, les ravages des journées glaciales de cet hiver restent visibles. Les maigres tiges dénudées des bambous se parent quand même de quelques petites feuilles pointues, mais l'animal prend un malin plaisir à lancer des pousses vivaces bien au-delà du territoire qui lui a été dévolu. Il s'en va coloniser du côté des rosiers. Comme on dit : c'est toujours mieux chez le voisin. Mais les rosiers, très chichiteux par nature, vont certainement trouver à y redire. Attendons un peu avant de sévir.

Le laurier sauce venu d’Ardèche est fichu, il avait quatorze ans et il était beau et je l'aimais. Le vent mordant l'a calciné. Les lauriers-tins sont dans le même état, mais manifestent des velléités de survivance. Le seringat sauvagement rabattu n'en a pas moins érigé une belle brassée de délicates fleurs blanches, qui embaument quand la nuit tombe. Le chèvrefeuille se relance vaillamment à l'assaut du mur.
Le feuillage maigrelet des prunus est piqueté de trouées qui laissent dorénavant voir le ciel. L'abricotier dépenaillé, trémousse quelques ridicules plumets au sommet des branches. Le cerisier s'est délesté de ses rares promesses de cerises sous la bourrasque. Nada. Que dalle. Je n'en aurai pas goûté une seule cette année, les merles font la gueule comme moi. Par contre le pommier me réjouit toujours l’œil, il a été taillé mais sa forme à la fois ronde et étalée fait un dôme magnifique. Une tourterelle y a posé un nid de guingois, gare à la chasseresse.


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Quelques grappes mauves s'accrochent encore à la glycine. La mélisse déploie ses ardeurs conquérantes. Elle va bientôt m'exaspérer en envahissant les moindres parcelles mais, pour l'instant, je savoure le spectacle de ses feuilles tendres qui moutonnent sous les arbustes. Et les pivoines... les pivoines que je chéris ébouriffent leur lourde tête penchée, distillant de savoureuses saveurs de berlingot acidulé mouillées de pluie.


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C'est la saison des pivoines dans les recoins


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C'est la saison des coquelicots dans les champs


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C'est la saison des singes volants dans les branches