Promenons-nous dans les bois
Par lynxxe le mercredi, 6 juin 2012, 15:30 - Lieux - Lien permanent
J'ai décidé de reprendre mes escapades quotidiennes dans le bois derrière la maison.
Mes lombaires ont besoin de se décoincer de l'ordinateur et j'aime marcher sous la voute salutaire des arbres, au hasard des sentes.
Je prends une heure du travail pour la balade, qui n'en est que plus goûteuse.


Entre la maison et le bois, des deux côtés de la petite route communale, s'étend un champ. De blé cette année (ouf, adios colza malodorant). Enfin, blé ou avoine, ou les deux. Une partie encore couleur émeraude, l'autre commence à doucement blondir. Avec des coquelicots. Ce matin, deux hirondelles survolaient les épis en rase-motte, engouffrant des nuées de moucherons. Dans le bois, la terre est grasse en ce printemps pluvieux, l'herbe des chemins haute, drue et humide, je rentre à moitié trempée.


Le jardin est en retard, les ravages des journées glaciales de cet hiver restent visibles. Les maigres tiges dénudées des bambous se parent quand même de quelques petites feuilles pointues, mais l'animal prend un malin plaisir à lancer des pousses vivaces bien au-delà du territoire qui lui a été dévolu. Il s'en va coloniser du côté des rosiers. Comme on dit : c'est toujours mieux chez le voisin. Mais les rosiers, très chichiteux par nature, vont certainement trouver à y redire. Attendons un peu avant de sévir.
Le laurier sauce venu d’Ardèche est fichu, il avait quatorze ans et il était beau et je l'aimais. Le vent mordant l'a calciné. Les lauriers-tins sont dans le même état, mais manifestent des velléités de survivance. Le seringat sauvagement rabattu n'en a pas moins érigé une belle brassée de délicates fleurs blanches, qui embaument quand la nuit tombe. Le chèvrefeuille se relance vaillamment à l'assaut du mur.
Le feuillage maigrelet des prunus est piqueté de trouées qui laissent dorénavant voir le ciel. L'abricotier dépenaillé, trémousse quelques ridicules plumets au sommet des branches. Le cerisier s'est délesté de ses rares promesses de cerises sous la bourrasque. Nada. Que dalle. Je n'en aurai pas goûté une seule cette année, les merles font la gueule comme moi. Par contre le pommier me réjouit toujours l’œil, il a été taillé mais sa forme à la fois ronde et étalée fait un dôme magnifique. Une tourterelle y a posé un nid de guingois, gare à la chasseresse.


Quelques grappes mauves s'accrochent encore à la glycine. La mélisse déploie ses ardeurs conquérantes. Elle va bientôt m'exaspérer en envahissant les moindres parcelles mais, pour l'instant, je savoure le spectacle de ses feuilles tendres qui moutonnent sous les arbustes. Et les pivoines... les pivoines que je chéris ébouriffent leur lourde tête penchée, distillant de savoureuses saveurs de berlingot acidulé mouillées de pluie.

C'est la saison des pivoines dans les recoins

C'est la saison des coquelicots dans les champs

C'est la saison des singes volants dans les branches
Commentaires
Hmmm! Merci pour ces brassées de fleurs et de feuilles encore fraîches de la pluie récemment tombée!
Mon chez moi ressemble à ton chez toi: blé et seigle qui commencent doucement à mûrir, j'ai cru définitivement mort le laurier sauce planté il y a bien une trentaine d'années par mon père, mais après une taille sévère, il semblerait que quelques rameaux commencent à repartir, coquelicots et bleuets sont de retour dans les champs, mes pivoines commencent tout juste à s'épanouir...mais ma chatte à moi ne grimpe décidément plus aux arbres! Certes elle passe désormais ses nuits dehors mais se rattrape durant la journée en squattant le canapé!
Anthom, dans le fond j'aime bien la pluie. Ca fait plaisir pour les plantes et m'épargne une corvée d'arrosage, ici il y a eu beaucoup de sécheresse ces dernières années.
Tu me donnes de l'espoir pou le laurier sauce, j'y suis attachée et aimerais tant qu'il reparte. par contre il n'a pas été taillé, je vais me renseigner pous savoir si c'est encore possible.
Je suis contente d'imaginer ton jardin avec des fleurs et arbustes un peu comme par chez moi. Je me souviens de la photo du portillon avec le ruban, et de tes vues sur les montagnes.
Valentine a toujours été une équilibriste. Elle est très très agile, très légère et valse entre les branches comme une cascadeuse. Ou un singe ou un écureuil. J'adore l'observer.
Comme ta chatte, elle passe une partie de la nuit dehors en ce moment mais veille soigneusement à me rapporter ses proies jusque sur le lit. Et ça, ça ne va pas du tout !
Billet/bilan végétal fort sympathique. J'aime particulièrement les photos 3 et 4 et suis très étonné des fruits qui poussent dans l'arbre de la dernière photo. Chez nous, le jardin habitué aux hivers jurassiens semble avoir bien supporté les frimas 2011/2012
Je crois qu'en Normandie on se serait mis à planter des choses un peu exotiques. Les lauriers ont été décimés dans mon coin, et on aperçoit dans les jardins bien des arbustes calcinés par l'hiver.
Suis touchée que tu apprécies ces deux photos, j'aime ton oeil. Pour moi, c'est toujours au petit bonheur la chance, vu que je ne vois rien de ce que je cadre, l'écran restant généralement noir en extérieur. Surprise garantie à l'arrivée, parfois pas si déplaisantes, et plein de flous.
je suis très tentée par un reflex.
Le fruit poilu hante les différents arbres du jardin mais n'est pas comestible. Plutôt d'un genre carnivore.
Rahhhh, je suis carrément jalouse de tes belles ébouriffées rôses ;-)) J'en ai bien des blanches, mais j'ai l'impression que cette année les boutons vont avortés, ce qui est rageant.
En plus, j'ai passé le we dernier en touraine avec notre maître de danse pour préparer le "matisse", et bien là-bas ils ont une terre du tonnerre de dieu : Tout pousse avec vigueur et jubilation. Là je me dis que je ne finirais pas ma vie dans les chiches terres du pays de Crouy ;-))
Belles promenades alors et vive le club des singes volants !
quelles jolies photos ! si fraîches .... ton champ n'est ni blé (en tout cas pas froment) ni avoine, à mon sens plutôt épeautre ou seigle ... par contre, tes coquelicots se pavanent dans le froment
bravo pour l'importation de singes volants, c'est une très belle espèce :-)) comme toi, j'adore les pivoines (comme les fourmis d'ailleurs, as-tu remarqué ? ) et leur parfum si particulier. mais on en voit si peu par chez moi ... sans doute parce qu'elles sont si éphémères et si fragiles ... j'en ai eues, dans un temps très ancien
, d'un rouge profond, absolument superbe, les plus belles, plus jamais retrouvées ailleurs que dans ce petit jardin campagnard d'une location-souvenir . merci pour ces photos-témoins !
cLaUdiNE, ah oui, elles sont belles, elles sont fraiches mes pivoines. Mais là, la pluie commence quand même à les fatiguer, hélas. C'est un spectacle que j'attends avec impatience et dont je ne me lasse pas. C'est aussi le miracle des plantes vivaces, qui disparaissent et ressurgissent, idem pour les petits géraniums vivaces que j'aime beaucoup.
En Touraine, mais non voyons Belle Dame ! Tu feras des merveilles sur les terres rocailleuses et sèches du Sud où poussent les sauvageonnes indisciplinées, sages et fantasques !
Ah lala, j'attends THE Matisse, j'ai vu il y a peu une très chouette photo, où il est assis sur son fauteuil roulant, ciseaux en mains, le sol tapissé de bouts de papiers découpés en couleur.
Pomme d'Ap, ah heureusement que tu as l'oeil exercé, maintenant je sais qu'il y a du froment d'un côté de la route et de l'autre sans doute du seigle.
Je trouve les pivoines particulièrement robustes (d'ailleurs certaines survivent largement au jardinier qui les plante), mais malheureusement bien trop éphémères, tu as raison. Les grenats sont magnifiques, j'en ai un pied, mais pas encore ouvert (et pas asses rouge profond, mais je ne vais pas faire la délicate).
Et les rhododendrons ? C'est superbe aussi.
Le singe volant vous envoie des ronrons à toutes les deux
Elle est trop belle aussi Mme le Singe volant. Une belle frimousse et quel regard.......
Tu sais toi, pourquoi il y a des chats plus chats que d'autres ?
Les 2 rayés étaient de vrais chats, les grisoutes sont gentilles, mais elles manquent furieusement de chateries ces bestioles .
Pour le sud, j'ai des état d'âme depuis que j'ai découvert la poissonnière d'Aix : Terrifiante et à Orange il parait que c'est pire encore..... alors le jardin de la France pourquoi pas ;-)))
Bizzz pluvieuses mais joyeuses !
L'humeur joyeuse est communicative !
Et je viens de me balader virtuellement parmi les sculptures des Lalanne qui me fascinent (exposition de leurs oeuvres majeures à new-York). Un univers onirique et poétique qui me fait rêver. Une idée de billet pour Materia Prima, pourquoi pas. Ouverture sur la sculpture !!
Quand je parlais du sud, l'image de la poissarde m'a aussi effleuré l'esprit. Mais, pas possible, elle devrait être boutée hors d'Aix . Bien que, niveau politique, cette ville ne sera jamais aux avant-postes. Mais il y a l'arrière-pays des chèvres. Moi aussi je me cherche un point de chute pour un peu plus tard. Faut se rapprocher !!
Tss, attends un peu que tes grisoutes prennent du poil de la bête et s'émancipent, tu vas voir la chatterie surgir et rugir.
hey madame la lynxxe .... on parle de toi et tes frères ici ...
sans aucun rapport avec ta note hum !!!
Pauvres de nous, nous sommes en mauvaise posture
Mais les lynx ont plus d'un tour dans leur sac, enfin, je croise mes plumets pour.
Bonne soirée Miss Rainette. J'entends tes compères batraciens de la mare toute proche qui croassent à qui mieux mieux. Ah, scusez, il paraitrait qu'ils chantent. C'est la saison des amours. prenons en de la graine.
Chez toi, les coquelicots aiment regarder passer les trains, c'est chouette.